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De retour! > Alexis Tardif
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| CARNET DE VOYAGE - Manières de l'Est |
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A chaque pays, il y a des villages. Dans quelques uns dentre eux, jai posé mon sac, jai laissé les enfants venir et me parler. Ils mont dit de dire aux enfants de mon pays quils ne souhaitaient rien dautre quun signe, un message ou une lettre. Parce quil suffit davoir un ami pour ne pas vouloir la guerre. Ad Terram Incognitam tient un rôle important pour les générations à venir.
Mon voyage sest fait à pied. Pour vivre chaque pas au rythme de mes efforts. Pouvoir marrêter lorsque mon corps me lordonne. Découvrir les peuples des grands espaces de neige et de montagnes de notre proche Europe.
Jai vécu dans le froid des tempêtes, dans des déserts de cailloux ou de terre, parmi des hommes en fuite ou en retour, dans langoisse de nuits de bombes, dans lambiance festive de mariages, dans la haine de la guerre, dans lamour des rencontres. Je me suis fait des amis de quelques heures, cest eux qui ont tracé ma route. Je me souviens de la liberté trouvée. Elle ma dit que je suis un enfant de la Terre et que tous les jours je choisis le chemin de ma vie.
Il est resté un peu de chaque pays dans mon cur. Parfois grâce à létendue dun paysage, au silence dun lac, à lespoir dune rencontre et toujours parce que ceux qui mont tendu leurs mains ont donné à mes jours tout le courage davancer encore vers lEst.
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Le 25 novembre 2003, je quitte la gare de Brest pour atteindre les Alpes, départ de ma marche. Quelques jours plus tard je passe en Italie par le Mont Viso pour descendre vers le lac de Come. Je suis les montagnes jusquau commencement des Balkans, en Slovénie. Un mois de voyage, je rentre en pays dex-Yougoslavie, entendre la colère des peuples. Croates, Herzégovins, Bosniaques, Serbes, Monténégrins, Kosovars, Macédoniens peuvent nous donner de vraies raisons pour la paix. Je descends des Balkans grâce aux Bulgares. Ils me nourrissent, me logent et je sillonne le pays comme dans un nouveau jour. La mer Noire marrête. Elle me rappelle doù je viens et me fait entrer plus loin, en Turquie. Commence alors un plus long voyage. Chaque région peut se distinguer par son peuple aux influences et aux coutumes dailleurs. Mon esprit se perd dans un hiver glacial. Je suis ramassé par des Géorgiens, au langage rare et au caractère fort. Le Caucase est immense. Il ny vit que des enfants de la Terre qui veulent continuer à choisir le rythme de leur marche, de leur vie. Les montagnes disparaissent et la mer Caspienne marrête. Je découvre en Azerbaïdjan, des milliers de visages aux couleurs de lespoir et de lamour. Comment raconter ce périple ? En disant que chacun dentre nous suit un voyage et que tous sont exceptionnels.
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