recherche :
Accédez au forum Atitam contact impression français english Español Mise à jour : 08/01/2009
Accueil | L'équipe ATI | Actualité | Ecoles | En voyage | De retour! | Devenez Voyageur ATI | Partenaires | Liens | Les forums
Inscription à la newsletter :
Camille Postollec
Tove Kjeang
Tanguy Cariou
Alexis Tardif
Villages du Caucase
Proche Asie
Solitude à Gandja
Air Yougoslave
Anatolie Orientale
Belle Bulgarie
Rencontres Azéris
Misère à Tbilissi
Les frères de Sultan
Photographies
Olivier Uguen
Aurélie & Bérénice
Aurélie et Nicolas
Sonia et Manu
De retour! > Alexis Tardif > Anatolie Orientale
CARNET DE VOYAGE - Anatolie Orientale - 30 janvier 2004 à Trabzonde

Ce matin, nous sommes prêts avant l'aube. Je marche sur les traces d'Ali, le plus jeunes d'entre nous. Derrière, Mehmet siffle le pas et, tout devant, Kâmil reconnaît les lieux de cet hiver rude. Nous allons trouver la maison de l'Imam, partiellement détruite par la tempête. Aux premières lueurs, apparaissent sur le sol blanc intact les ombres de pins soutenant des poussières de neige. Kâmil nous fait taire et montre du doigt la direction du soleil. Dans cette magie de lumières passe calmement un cerf en chasse. Alors que mes compagnons méditent vers l'Est, je continue l'ascension à travers la forêt et découvre la cabane de l'Imam. Il me reçoit. Sans rien dire, il me tend un verre de çay, je me rapproche du poêle, il regarde venir les autres par la fenêtre. Nous ne ferrons que constater les dégâts. Demain, deux chevaux tireront de nouvelles poutres, ce soir le sage ira dans la maison de Þaray. C'est aussi là bas que je loge. Þaray m'a dit qu'il n'avait jamais vu quelqu'un venir des cols du Sud. Fier de mes blessures, je lui conte l'inaccessible Altýparmak, les cols du Karadeniz, les voleurs d'Aydin, les noisettes de Giresun, le lac de Tortum, le monastère de Sumela, les champs d'immeubles sur la route de la mer Noire, les traditions des Turcs de Safranbolü. Pour Þaray, ce sont des lointains chemins inutiles. Comme les autres, il est Hemþins. Il me dit que son peuple est sûrement le plus vaillant de tous. Ici depuis plus de cinq siècles, jamais ils n'ont quitté leurs blanches montagnes que pour les provisions de l'hiver. Avec leur gros nez et leur petite taille, les Hemþins ne ressemblent que par la moustache aux Turcs. Les femmes décorent leur voile de motifs variables, couleurs de fleurs et pièces d'or et d'argent. Elles sont belles et montrent leurs sourires. Dans la cuisine de Þaray, beaucoup de gens passent, pour quelques heures, quelques jours. Nous tuons le temps en jouant au ok et aux cartes, à regarder les chaînes de la télévision, décalée. Plus tard, nous descendrons auprès de la rivière, dans le hammam de tradition. Ensevelies sous les neiges, les pièces sombres sont remplies par une fine buée et une odeur de souffre.

 

Retour : Manières de l'Est : Suite

Photo : Les mains de Mehmet

All images are the property of Alexis Tardif photographer. Unauthorized duplication or alteration is prohibited. Toutes les images contenues dans cette page sont propriété d'Alexis Tardif, photographe. Tous droits réservés.

 

@Ad Terram Incognitam 2004 - Réalisation Cognix-systems sous WebGazelle