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Au camp de base


Il fait huit degrés pendant la journée et moins de zéro la nuit. Pas de chauffage, pas d’électricité. C’est le cas depuis notre départ de Pokhara à la différence que nous sommes passé d’un climat tropical à un climat montagneux.

Nous passons l’après-midi dans les nuages avec une équipe italienne qui prépare l’ascension de l’Annapurna.

Le glissement de terrain énorme qui s’est arrêté à cinquante mètres du CBA, comme pour respecter la difficile construction de ces bâtiments par l’Homme.

Il est à peine dix-neuf heures. Les yeux sont fatigués autour de la lampe à pétrole. Un fond sonore de discussions internationales, l’ambiance est merveilleusement douce malgré les dangers évidents qui font régulièrement acte de présence dans cet ampli naturel. D’immenses blocs de glace s’effondrent du glacier en un vacarme impressionnant qui rebondit sur les parois des montagnes autour de nous.

La nuit venue, le manque de place dans le camp de base nous oblige à dormir tous les trois ensemble dans un lit deux places. Le froid est glacial, mon sac de couchage acheté à Pokhara n’est pas assez chaud et je m’endors avec juste le nez et la bouche qui dépasse du sac. Malgré l’inconfort, les pensées et les rêves de cette nuit là sont encore bien présents dans mon esprit aujourd’hui. Comment ne pas s’endormir en souriant !

Je suis réveillé à trois heures du matin par de nombreux cris de joie. Mes deux voisins se lèvent, sortent et hurlent à leur tour. D’un mouvement de limace rapide, je saute par petits pas dans mon sac de couchage vers la porte de sortie.

Le spectacle est incroyable, grandiose, hallucinant, je ne trouve pas les mots encore aujourd’hui pour définir ce moment : Il n’y a plus un nuage dans le ciel et les montagnes nous dominent ! Une dizaine de petites limaces, comme moi, on le nez en l’air et contemple la beauté des beautés, éclairée par un ciel sans nuages, une pleine lune généreuse et un ciel étoilé comme jamais. Des étoiles filantes traversent le ciel très régulièrement, si longues ! Après 15minutes, tout le monde regagne sa couche. Les sourires sont partout et l’impatience du réveil est palpable.

Dirigez votre main vers le ciel et remontez vos doigts comme si vous teniez un ballon dans votre main. Imaginez un instant que vous êtes une poussière dans le creux de votre paume tandis que chacun de vos doigts représente un sommet de huit mille mètres ! Les distances sont difficiles à réaliser tant cette cuvette est vaste. Quatre couleurs se mélangent à merveille : Le blanc de la glace, le noir des ombres, le gris des rochers et le brun des herbes rases qui tapissent le fond du sanctuaire.

Trois glaciers glissent doucement au pied des sommets pour se rejoindre en formant une immense veine de glace coupant en deux la vallée. C’était donc cela le précipice de notre arrivée hier après-midi :

 

Le glacier a creusé une veine immense dans le sol : quatre cents mètres de large pour deux cents mètres de profondeur. Notre sentier bordait le précipice et nous avancions en toute confiance, bien naïvement !

 

Environ trois mille personnes par an atteignent cet endroit et ces gens viennent de toute la planète ! Un système de récolte des déchets organisé et contrôlé par un organisme, l’ACAP, contrôle la redescente des détritus dans la vallée. Ainsi, le sanctuaire garde-t-il sa pureté et continue d’attirer les trekkeurs de la planète.

 

Cinq jours de descente furent nécessaires pour redescendre jusqu’à Gorephani, un petit village dans lequel je décidais de m’arrêter pour aller rencontrer la première école de mon aventure :

Shree Punhill Primary School.

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