Sur la scène du majestueux théâtre de Plovdiv, les danseuses et danseurs sont aussi nombreux que les musiciens. Trois jeunes femmes sapprochent vers le public silencieux. Elles sont vêtues de costumes traditionnels. Les éclatantes couleurs selon des fresques bulgares s'enjolivent aux minutieuses broderies des robes et tabliers. De longs châles recouvrent leurs fronts et descendent presque sur leurs talons. L'une des trois pousse sa voix perçante et tremblante de notes aiguës. Les autres se posent sur ce chant ou plus ailleurs. Semblables à des vagues, les voix s'entremêlent, se suivent ou se croisent. Elles se reposent finalement ensembles prolongeant la dernière sensation. Cette divine note unifie les spectateurs dans un écho dapplaudissements. Les chants traditionnels bulgares relatent souvent la révolte ou l'amour.
De Stara Zagora, Vala va vers l'est, au-delà des Monts Eminska. Là bas, elle va prendre à la plage déserte, les plus beaux coquillages et tout ce que la nature voudra bien lui montrer. Dans son appartement, plusieurs uvres sont accrochées aux murs. Elles sont faites de patiences et dattentions. Les pierres, les branches et les coquillages n'existent plus que pour admirer un autre univers inconnu, celui de Vala. A lombre de ses tableaux, des enfants bulgares chantent des rythmes de rue et des airs du monde, d'autres enfants plus grands regardent et applaudissent. Dans la cuisine restreinte, la table se remplie de plats de légumes et de viande, chacun pique de sa fourchette les délices simples de cette veillée. Dans cette communauté, ce qui se voit le plus sans se dire, c'est l'amour. Un enivrement de tendresse, ils se serrent les uns aux autres, rient ensembles et jamais une scintille de colère interrompt ces échanges d'adoration.
Les vagues dEmona rangent en courbes allées des coquillages. Certains sont voués à devenir sable, d'autres repartiront dans les profondeurs. Ceux qui restent sont des trésors que la nature donne à l'homme.
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