Au sous-sol d'un immeuble, une maison secrète et colorée, une poignée d'enfants réfugiés me prennent la main et m'habillent en costume traditionnel. Celui qui représente leurs origines, leurs forces et leurs misères. Un long manteau de soie noire bordé de motifs d'argent sur une chemise claire. Un papac en peau de mouton, un lourd poignard à la ceinture, les jeunes danseurs marchent avec détermination vers leurs compagnes. Elles portent un voile transparent attaché à une robe rose et blanche. Elles suivent de la pointe de leurs ballerines, levant les bras et tournant les poignets comme une caresse au ciel, une douceur dans le temps.
Ils m'apprennent les pas puis m'accordent la traversée de leur Caucase. Dans cette grande famille Tchétchène, il y a mon père, ma mère, mon frère et tous nos cousins.
Alexis Tardif