Les écoles que nous avons pu rencontrer nous ont donné une vision assez complète des lacunes, mais aussi des contrastes du système éducatif pakistanais: de la petite école primaire de campagne, dépourvue de tout moyen, au grand complexe scolaire privé situé en plein centre ville, nous avons été confrontés aux inégalités criantes composant le paysage scolaire du Pakistan.
Parmi les 7000 filles de la Queen's Mary College, nous avons pu rencontrer deux classes de lycéennes âgées de quinze et seize ans. Pendant plus d'une heure, nous avons échangé sur des questions multiples, allant de leurs ambitions personnelles jusqu'à des sujets plus vastes. Parlant couramment l'anglais, les adolescentes ont pu s'exprimer librement, sans la tutelle d'un professeur pour les guider ou même influencer leur jugement. Aux divers thèmes que nous avons soulevés, l'un a marqué nos esprits. Nous leur avons demandé en effet comment elles vivaient le port obligatoire du voile dans leur société. La réponse, presque unanime, nous a glacé... Selon elles, en effet, le voile les "protège" des hommes. Incroyable aveu de cette peur de la femme à l'égard de l'homme, à l'égard de cette société pakistanaise dans laquelle les libertés des femmes sont soumis aux volontés de leurs maris. Les structures sociales, imposant une séparation entre les hommes et les femmes, viennent alimenter cette peur, cette méconnaissance de l'autre: dans les bus, mais aussi dans la plus petite des échoppes, les femmes sont cachées et compartimentées. Et si l'école est mixte jusqu'en primaire, elle ne l'est plus au collège, les garçons et les filles évoluant ainsi séparément de leurs côtés. Or si l'un des objectifs fondamentaux de l'école est d'amener l'élève à la connaissance de lui-même, n'est-il pas aussi de lui apprendre à vivre en communauté, dans le partage des responsabilités et dans la réciprocité du respect?
Aurélie et Nicolas |
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