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Lapchuq - La revelation du raisin sec

Bonjour,

Nous sommes dans une banale ville betonnee chinoise du nom ouighour de Kumul (nom chinois: Hami), une ville en-dessous du niveau de la mer au milieu du desert (on commence a avoir l'habitude).

Vendredi, nous avons visite, avec Sophia et Mubarek, notre premiere ecole primaire a Urumqi. Nous avons ete accueillies dans les regles de l'art, selon un protocole tres elabore: tout d'abord, reception autour d'une table ronde remplie de fruits par le directeur (ouighour) de l'ecole (ouighoure), les professeurs (aussi ouighours) et ... la representante du Parti (chinoise, enfin han, bien sur). Eh oui, depuis 5 ans, le Parti doit etre present dans chaque ecole! Ensuite nous avons retrouve les enfants qui ont performe des chants et danses traditionnels.

Ils nous ont invitees a les rejoindre dans la danse: Aurelie s'est cachee derriere son appareil photo et je me suis retrouvee a singer des danses ou l'influence indienne est perceptible. Enfin, avant de partir, nous avons trempe nos mains dans de la peinture fraiche et laisse notre empreinte. Resultat: nous avons garde les mains bleues et vertes pendant 2 jours!

L'apres-midi, au cours du traditionnel shopping avant le train de nuit, nous avons eprouve quelque frisson lorsqu'un gars a essaye de faire les poches a Aurelie. Il n'a pas eu le temps d'accomplir son forfait mais nous l'avons fixe du regard en partant. Un peu plus tard, au meme endroit, je revois les memes gars la main dans le sac d'un Chinois. Sans reflechir, je crie. Mais Sophia me dis de me taire: ici les pickpockets sont armes de couteaux et la vie ne vaut pas grand chose, donc les gens ferment les yeux... Trop tard pour moi, les gars nous suivent quelques minutes, de quoi nous effrayer.

Le soir, nous prenons un train de nuit en classe 'assis-dur' (ca porte vraiment bien son nom) car samedi nous avions rendez-vous avec l'ecole d'un tout petit village ouighour dans les environs de Kumul. Apres une nuit a tenter de voler quelques instants de sommeil, nous avons ete accueillies avec beaucoup de gentillesse par les enfants et l'institutrice. La encore, chants et danses traditionnels en notre honneur: Aurelie s'est enfin retrouvee sous les feux de la rampe a danser face a l'instit! Puis ce fut a notre tour de chanter quelque chose de chez nous: tout ce qui m'est venu a l'esprit c'est le 'Chant des partisans'. Ici, en plein Xinjiang, c'etait plutot de bon ton!

Apres une sieste bien meritee chez l'instit, notre hote, nous avons recu de multiples visites des gens du village qui en profitaient car c'etait la premiere fois qu'ils voyaient des etrangers en vrai, pas seulement a la tele! Nous avons aussi ete invitees dans de nombreuses maisons qui sentaient bon le raisin. Et c'est ainsi que nous avons compris comment on fait le raisin sec (il y a deux ans, nous decouvrions comment pousse le riz...). Dans toutes les maisons sont pendues des grappes de raisin a secher. Dans cette oasis au milieu du desert, les jardins sont luxuriants: raisins, abricots, peches, dattes fraiches que nous cueillons a meme l'arbre. Et dans chaque maison, on nous apportait de nouveaux plats a manger. Bref, ce fut vraiment comme dans les recits des voyageurs du debut du siecle (l'autre, le 20e!).

Nous prenons un bus de nuit pour Urumqi ce soir et esperons avoir le temps de prendre une douche avant de visiter notre derniere ecole au Xinjiang lundi matin.

A bientot.

Shanghai