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Nagarkot

Je quitte Katmandou le surlendemain pour me rendre à Nagarkot. C’est un petit village planté sur la crête d’une colline à l’Est de la vallée. La particularité de cet endroit est de pouvoir admirer l’Everest de très loin. Ayant opté pour le trek menant au camp de base de L’Annapurna, c’est l’unique chance pour moi de le voir.

Après deux heures de bus, je sors du village et marche pendant une demi-heure pour trouver une chambre chez l’habitant. Quatre euros la nuit environ mais il y a moins cher !

 

 

Je trouve une chambre face à l’autre versant. De ma fenêtre, je domine mille cinq cents mètres de dénivelé, je distingue l’Everest et je m’endors dans un autre monde.

 


Le réveil est tout aussi inoubliable. Après un quart d’heure sans mot, je sors de ma chambre. Je vois alors le propriétaire à cheval sur un mouton qu’il venait d’égorger, le sang coulait sur la terrasse.

Il me regarde, me fait un grand sourire et me lance un Namaste joyeux. Il m’explique que c’est Dasain, la célébration de la victoire de Rama sur Ravana, le démon à dix tête (elle célèbre la victoire de la déesse Durga sur les forces du mal incarnées par le buffle démon). Cette fête marque enfin le début de la récolte du riz. Il est de tradition d’asperger de sang les bâtiments, les statues et même les avions à l’aéroport. C’est Tamaris. Je ne souhaite pas réduire cette fête uniquement à ce massacre. Les cérémonies durent 15 jours pendant lesquelles chaque journée a valeur de symbole. C’est l’époque où sont érigées les balançoires en bambou.

Je quitte l’hôtel et retourne au village pour espérer trouver un bus. Je découvre une de ces balançoires en contrebas du village sur laquelle jouent une dizaine enfants accompagnés d’un vieux monsieur qui les aide à lancer la machine.

Elle mesure dix mètres de haut en comptant jusqu’au sommet des branches et son emplacement face à la vallée de Katmandou me pousse à aller l’essayer.

Je rencontre Suriwati, une népalaise de 22 ans. Elle m’apprend beaucoup sur son peuple et m’invite à me lancer sur la balançoire. Avec la pente, lorsque la poussée est importante (et les enfants s’en chargeaient), on atteint six mètres de haut. Etant plus grand et plus lourd que les enfants, j’espérais simplement que la corde qui reliait les branches de bambou remplisse parfaitement sa fonction afin que la balançoire ne se transforme pas en catapulte !

Tout se passe bien.

Une heure plus tard, je dis au revoir à tous mes nouveaux amis et part à la recherche d’un moyen de locomotion pour rentrer sur Katmandou. Un homme s’approche de moi et me pose les questions devenues habituelles en quelques journées passées au Népal :

- « Where do you come from?

- Where are you going?"

Il me propose son taxi. Le chauffeur coupe le moteur dans la descente sur quinze kilomètres et l’on croise les camions de trop près à mon goût. Arrivé dans la vallée, le moteur est remis en marche mais on n’avance plus et les rickshaws nous doublent. J’ai bien cru que l’on ne verrait pas la ville avant le coucher du soleil !

Pokhara

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