Cette nuit de transit a Singapour expediee, je prenais au petit matin la bateau qui mamena sur lile indonesienne de Batam (au large de la cote nord de Sumatra), a une heure de la. Quelques heures dattente, et jembarquai alors pour 28 heures de ferry (un navire de croisiere vieux dau moins 20 ans, au tuning tiers-mondiste, dont une compagnie europeenne avait du se debarrasser pour cause de vetuste
) et une traversee des mers les plus reputees au monde pour leur concentration en pirates au km2.
A ma grande deception, on na pas croise un seul borgne a jambe de bois. Jai eu beau regarder a babod, a tibod, pas un pirate, ni un Gau-Gau, ni un Gau-Gau, ni un Gaulois
En fait, le spectacle se passait a linterieur. Mon budget de backpacker mavait evidemment assigne a la Class Economy, ce qui ma permis de vivre une experience maritime et anthropologique inoubliable! Je me suis en effet trouve etre le seul ptit blanc au milieu da peu pres 500 Indonesiens, et dau moins autant de cafards et autre faune dequipage, dans cet immense dortoir commun qui couvrait tout un etage du navire.
Labsence de hublots et de lumiere naturelle, la fumee omnipresente, aux odeurs de girofle, associee aux crachats reguliers de mon voisin den face (qui avait aussi, en passant, une bonne tete de tueur) mont rapidement mis dans lambiance, et en moins dune heure je me sentais comme a la maison! Mes voisins de couchette, un frere et une soeur quinquagenaires, etaient adorables et se debrouillaient en anglais : ils mont donc enseigne mes premiers mots de Bahasa Indonesia, et a la fin du voyage javais redige un vrai dictionnaire!
Ces experiences de solitude culturelle mont rappelé lInde, ou chaque mouvement, meme votre simple presence, attire lattention et la curiosite de tout un chacun.
En revanche, il ny quen Indonesie ou, dans ce genre de situations, tres rares etaient ceux qui ne menvoyaient ou me renvoyaient naturellement un sourire
Je vous assure que cela fait beaucoup de bien!
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